(LCP) « L’offre de places subventionnées dans le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance est insuffisante pour répondre aux besoins des familles du Québec », soulève la vérificatrice générale dans son nouveau rapport déposé hier à l’Assemblée nationale.

 

« Le ministère de la Famille n'atteint pas ses objectifs de création de nouvelles places subventionnées depuis plusieurs années. En date de février 2020, près de la moitié des places autorisées n'étaient toujours pas réalisées », note Guylaine Leclerc.

 

« En 2019, il y avait 46 000 enfants en attente d'une place dans le réseau des services de garde du ministère. Il faut ajouter à cela 9 000 enfants qui fréquentent des services de garde non subventionnés, mais dont les parents souhaiteraient leur obtenir une place dans un service de garde subventionné », poursuit-elle.

 

La Place 0-5

Son équipe constate aussi que le guichet unique La Place 0-5 ne permet pas une gestion efficace de l'accès aux services de garde. « L'information s'y trouvant est incomplète pour répondre aux besoins des parents. Certains services de garde reconnus par le ministère ne respectent pas l'obligation légale de recourir exclusivement aux inscriptions portées à La Place 0-5 pour pourvoir leurs places. 30 000 places ont été données à des enfants non inscrits sur la liste », affirme la VG.

 

« On a créé l'outil, justement, pour avoir un guichet unique, pour s'assurer que les parents puissent avoir de l'information qui soit fiable et adéquate, ce qui n'est pas le cas. Donc, l'outil est là, mais l'information qui est présentée n'est pas nécessairement... n'est pas fiable parce qu'elle n'est pas nécessairement mise à jour par les services de garde », dit Guylaine Leclerc.

 

Tout est sur la table

Le ministre de la Famille affirme qu’il devra prendre des décisions « importantes » pour répondre aux recommandations de la vérificatrice. « J'aurai l'occasion de déposer un plan au cours des prochaines semaines, au cours des prochains mois. Je peux vous dire que tout est sur la table et que ce sont des avenues qu'on devra analyser », soumet Mathieu Lacombe.

 

Concernant le guichet unique, la firme KPMG a déjà été mandatée pour examiner le dossier, dit-il. « J'ai demandé d'évaluer les vulnérabilités dans tout le processus d'admission, donc du moment où le parent inscrit son enfant en passant par le traitement par La Place 0-5 jusqu'au moment où il est sélectionné par un service de garde éducatif. Donc, j'ai demandé d'analyser l'ensemble du processus, voir où on est vulnérables, où il y a des failles, où il y a des gens qui arrivent à se faufiler, parce qu'il y a un enjeu de confiance. »

 

Un « coup de barre » est nécessaire

De l’avis de la députée Christine Labrie de QS, « ça prend un sérieux coup de barre dans les services éducatifs à la petite enfance » afin de préserver l'égalité des chances. « Les parents qui attendent une place doivent se sentir floués aujourd'hui de constater que les histoires de places attribuées sans respecter la liste d'attente ne sont pas des cas isolés, mais qu'il y en a des dizaines de milliers », s’insurge-t-elle.

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