(LCP) La fébrilité était au rendez-vous à l’Assemblée nationale, hier, lors de l’adoption à l’unanimité du projet de loi 56 qui vise à reconnaître et à soutenir les personnes proches aidantes.

 

Émue, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a décidé de parler avec son « cœur » au lieu de lire son discours sur papier.

 

« Il y a d'autres juridictions qui ont adopté des projets de loi, mais il n'y en a pas tant que ça. Au Québec, c'est historique », a-t-elle déclaré.

 

« C'est pour le 1,7 million de personnes proches aidantes au Québec qui ont besoin, non seulement d'une politique et d'un plan d'action, mais d'une loi. »

 

Pourquoi une loi? « Pour être en mesure d'enchâsser dans une loi une politique, un plan d'action, un observatoire scientifique, un comité des partenaires pour faire en sorte que, dans tous les ministères, dans un gouvernement, quel que soit le gouvernement, qu'on soit en mesure de penser aux personnes proches aidantes quand on dépose des lois ou des règlements. Il faut que ça transcende les partis politiques », a-t-elle dit.

 

Il faut attendre

« C'est un très grand pas dans la bonne direction », a reconnu Monique Sauvé, députée du PLQ. Toutefois, « nous aurions souhaité, très sincèrement, que les actions concrètes puissent venir dans le calendrier assez rapidement parce que les proches aidants sont déjà essoufflés », a-t-elle insisté.

 

« Ça ne sera pas les premiers six mois où toutes les actions, les mesures vont être déployées, là. Il faut attendre un an pour avoir plus de ressources, pour avoir plus de répit. Pour avoir peut-être une simplification de tout ça pour les proches aidants. »

 

Lacunes dans les services

Enthousiaste de l’adoption du projet de loi, surtout de la reconnaissance des répercussions financières de la proche aidance, la députée Christine Labrie de Québec solidaire s’inquiète cependant pour les services offerts à ces personnes.

 

« Les proches aidants nous le disent très souvent que, leur fardeau, il est en bonne partie dû aux lacunes dans les services, dans les soins qui sont offerts aux aînés, aux personnes qui vivent avec un handicap. On pense, par exemple, au fardeau d'aller nourrir soi-même son proche qui vit en CHLSD », a-t-elle illustré.

 

Éloges

Le député Harold LeBel du Parti québécois aurait aimé que la ministre puisse être applaudie par l’ensemble des élus et le public dans les gradins, mais les mesures sanitaires font en sorte que le Salon bleu était presque vide. « Ils sont chez eux, mais ils nous écoutent puis ils sont assez fiers du travail qu'on a fait et ils sont même très fiers du travail qu'on a fait », a-t-il commenté.

 

Plaintes en santé

Par ailleurs, malgré les critiques de l’opposition, le rapport de l’étude détaillée du projet de loi 52 sur le régime d’examen des plaintes du réseau de la santé a été pris en considération à l’unanimité. Le projet de loi 52 de la ministre Blais est prêt à être adopté dès aujourd’hui.

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