(LCP) Alors que l’activité est de plus en plus répandue, il n’y a toujours rien de bien concret de prévu dans les lois du travail pour les télétravailleurs. C'est ce que sont venus dire au ministre du Travail, Jean Boulet, le président de Télétravail Québec, José Lemay-Leclerc, et son conseiller, Mathieu Santerre. C’était dans le cadre de la consultation de la Commission de l’économie et du travail sur le projet de loi 59 modernisant le régime de santé et de sécurité du travail.

 

En cette période de pandémie « pour les chanceux qui peuvent travailler de la maison et jouir des avantages du télétravail plusieurs d’entre eux vivent malheureusement certaines difficultés, des difficultés qui pourraient être largement atténuées si des mesures étaient en place afin d’encourager voire forcer les employeurs à mettre en place des limites entre la vie privée et le travail, ce qu’on estime qui serait très important. Les lois actuelles sont applicables, mais ne protègent pas suffisamment l’employé », déclare José Lemay-Leclerc.

 

L’employé « ne peut se tourner vers la CNESST dans ce contexte puisque le droit à la déconnexion n’est pas défini adéquatement. En fait, il n’y a pas de statut juridique du télétravailleur dans la législation ».

 

Les défenseurs des télétravailleurs réclament, entre autres, que le régime de santé et sécurité au travail s’applique dans le contexte de télétravail. Ils souhaitent qu’une politique de télétravail soit rendue obligatoire pour les entreprises. Ils demandent aussi que le gouvernement facilite l’accès à un service internet haute vitesse en région afin de favoriser le télétravail dans les régions rurales, et que Québec accorde un financement stable aux organismes appuyant les entreprises dans leur virage vers le télétravail afin de pouvoir continuer de soutenir les entreprises qui souhaitent adopter le travail à distance.

 

L’organisme veut rendre obligatoire une politique pour les entreprises pratiquant le télétravail qui comprennent des mécanismes de protection à plusieurs niveaux, dont l’ergonomie et le droit à la déconnexion.

 

En réponse, le ministre Jean Boulet se réfère à un rapport du Conseil consultatif du travail. « Ce que le Conseil nous propose c’est de recommander aux employeurs » d’adopter une politique en matière de télétravail où sont délimités les droits et les obligations. C’est maintenant dans le mandat des inspecteurs de la CNESST », selon le ministre du Travail.

 

« Pour moi, la formule hybride c’est la formule de demain : un nombre de jours en présence pour la supervision et un certain nombre de jours à la maison. » Il ajoute aussi que la CNESST « va faire des guides de bonne pratique ».

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