(LCP) Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a profité de l’étude des crédits en commission parlementaire pour exposer sa vision concernant la santé mentale au Québec :

 

« Depuis que je suis arrivé à l'Assemblée nationale, je le crie haut et fort, il faut améliorer la santé mentale de notre population et ça commence par les aspects d'éducation. On sait que la problématique de santé mentale, dans la plupart des cas, débute entre l'âge de 12 et 25 ans.

 

Et, souvent, ce que l'on voit, c'est des problèmes psychosociaux chez nos jeunes qui finissent par s'amplifier et affecter leur santé mentale.

 

Donc, pour moi, et vous l'avez vu dans le budget, on a vraiment augmenté de façon significative le budget en santé mentale de plus de 8 % cette année.

 

Le tout commence dans la salle de classe. Et le projet qui est... dont je dirais que je suis le plus fier, ça va être le rehaussement des services en santé mentale dans les écoles. On va mettre des intervenants sociaux qui vont venir aider nos jeunes à ce niveau-là.

 

Ce qu'il est important également de dire, c'est que maintenant que j'ai toute la santé mentale, non seulement les jeunes, mais les adultes, également, ça va être de favoriser l'accès. […]

 

On avait commencé, dans un premier temps, avec le projet Aire ouverte, où on a transformé un projet pilote sur trois sites, hein, vraiment un projet national dans lequel on venait encore injecter 20 millions de dollars pour ouvrir des endroits où les jeunes peuvent discuter, peuvent venir partager leurs problèmes, peuvent faire des séances de groupes, ont accès à tous les professionnels de la santé et où il y a un psychiatre répondant.

 

Maintenant, pour la population en général […], il y a un problème de ressources. Mais, quand on regarde le problème, c'est que 70 % des gens qui consultent en santé mentale sont vus soit par un psychologue ou par un psychiatre.

 

Nous, ce qu'on essaie de faire, c'est de renverser ce ratio-là pour que les interventions en première ligne soient plus fréquentes, donc que ce soit plutôt 70 % qui sont vus en première ligne, où on peut régler le problème, et moins en deuxième, troisième ligne.

 

Pour ce faire, ce qu'on va faire, c'est déployer le PQPTM, Programme québécois pour les troubles mentaux, qui a une approche qu'on appelle étapiste. Ça a été développé en Australie, ça a été validé comme étant le meilleur programme, par l'INESSS ici. Et ce qu'on fait, c'est qu'on commence par ce qu'on appelle des autosoins.

 

D'ailleurs, pendant la pandémie, on a mis à la disponibilité de la population une de ces applications d'autosoins qui s'appelle Aller mieux à ma façon. Et quand après cette phase-là, on peut aller vers un intervenant de première ligne qui nous aide, et quand, à cette étape-là, il y a encore des difficultés, là, on va vers la deuxième ligne, un psychologue ou autre psychothérapeute, et, ensuite, en dernier recours, on va vers le psychiatre.

 

Puis le dernier point qui est important puis qui est dans le budget, également, c'est de bâtir les équipes santé mentale. Jamais on n'a défini qu'est-ce que c'était, une équipe de santé mentale, quels sont les intervenants qui doivent être là.

 

Parce que, vous le savez, hein, une des choses qu'on valorise beaucoup, nous, à notre gouvernement, c'est le bon soin, au bon moment, par le bon intervenant.

 

Finalement, un dernier petit ajout […]. Ce qui est important aussi, c'est que la ministre à l'Éducation supérieure, après le premier forum qu'on avait effectué, elle avait injecté un 20 millions de dollars pour diminuer les listes d'attente, et jusqu'à présent on a diminué de façon significative ces listes d'attente là, de près de 50 %.

 

Donc, les choses évoluent favorablement. Avant de mettre un chiffre, je pense que c'est une transformation d'approche que l'on doit faire avec le réseau, au niveau de la santé mentale, et c'est vers ça qu'on se dirige. »

-30-