(LCP) Les partis d’opposition se sont affairés, hier devant la Commission des institutions, à tenter de démontrer l’inutilité du projet de loi 61 visant la relance de l’économie du Québec et l’atténuation des conséquences de l’état d’urgence sanitaire déclaré le 13 mars 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19. À leur avis, le Québec a bien davantage besoin d’un plan de relance économique que du P.L. 61.

 

Le député Gaétan Barrette du Parti libéral n’est pas contre l’intention de relancer l’économie. « Ce n’est pas un plan de relance économique », dit-il, « c’est un plan d’activité économique ».

 

Le projet de loi amène des dispositions « historiquement exagérées ». Son article 50 « sursoit essentiellement à tout le corpus législatif », dit-il. « L’approche de ce gouvernement qui est sous le vocable de l’agilité est de garder les noms des procédures que nous avons en place en les raccourcissant ou en diminuant leur portée. C’est ça dans les expropriations, c’est ça dans le BAPE, c’est ça dans les contrats publics, c’est ça dans la justice, c’est ça dans tous les points », énumère-t-il.

 

« Autant on comprend l’importance de l’activité économique pour la société québécoise, autant nous sommes en accord avec le fait que l’on doive la relancer, autant nous allons nous battre pour que les abus qui sont dans ce projet de loi soient enlevés ou balisés », dit-il.

 

« L’agilité, c’est un vocable qui est un écran de fumée. À la fin, il y a une attaque contre notre parlementarisme historique du Québec », croit Gaétan Barrette. Le député de La Pinière promet de défendre avec acharnement les amendements qu’il proposera pendant l’étude détaillée. « Oui, on peut augmenter l‘activité économique du Québec, mais non, ça ne se fera pas aux dépens des processus démocratiques qui sont actuellement en place. »

 

Pour Vincent Marissal de Québec solidaire, il y a trop de choses dans ce projet de loi. « Quand un gouvernement arrive en fin de session avec un tel pavé dans la marre, c’est au gouvernement à démontrer qu’il en a réellement besoin », juge-t-il. 

 

Le député du Parti québécois, Martin Ouellet, veut en savoir plus sur les gestes du gouvernement. Ce qu’il va faire et ne fera pas, on veut le voir inscrit dans la loi, réclame-t-il.

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